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Morgan Bourc’his : “Avant d'être champion du monde, il faut avant tout être champion de son monde”

09/29/2019

Morgan Bourc’his : “Avant d'être champion du monde, il faut avant tout être champion de son monde”

Le 9 septembre dernier, Morgan Bourc’his a décroché un troisième titre de champion du monde dans la discipline de poids constant sans palmes. Cette descente vertigineuse à 91 mètres de profondeur est le résultat d’un travail de préparation intense mais aussi l’aboutissement de l’ensemble de sa carrière.

Le 9 septembre dernier, Morgan Bourc’his a décroché un troisième titre de champion du monde dans la discipline de poids constant sans palmes. Cette descente vertigineuse à 91 mètres de profondeur est le résultat d’un travail de préparation intense mais aussi l’aboutissement de l’ensemble de sa carrière.

 

S’il plonge en compétition avec ses “motivations personnelles et assumées” depuis plus de 12 ans, Morgan a récemment intégré la méthode APTER dans sa recherche de maîtrise et de performance. 

 

Sa rencontre avec notre associé Frédéric Lincker en 2016, a été décisive. Depuis 3 ans, Morgan collabore ainsi avec APTER Solutions lors de conférences et séminaires au cours desquels il sensibilise son audience à la théorie du renversement. 

 

Celle-ci permet la gestion optimale des motivations par l’adaptation de notre état d’esprit à une situation donnée.

 

Aujourd’hui en cours de formation, il termine son parcours de certification à la méthode APTER (CMA) et nous raconte comment il utilise la théorie du renversement pour lui-même, et lors de ses interventions. 

 

Car avant d'être champion du monde, il faut avant tout être champion de son monde en connaissant son fonctionnement optimum et en étant capable de le maîtriser. Cela est vrai dans le domaine sportif, mais également en entreprise, ainsi que pour chacun d’entre nous dans la vie de tous les jours.

 

Découvrez dans cette interview exclusive comment le triple champion du monde aborde la préparation mentale, et comment il met en pratique la méthode APTER au quotidien.

 

Morgan, comment vous êtes-vous préparé mentalement à ce 13e championnat du monde ?


Tout d’abord, je ne suis pas accompagné régulièrement par un coach mental. Je me gère seul.

Pour ce dernier Championnat du Monde (mais pas ma dernière compétition), ma préparation s’est amorcée en novembre 2018, c’est à dire dix mois auparavant. 


La première période, très généraliste inclut des activités diverses et est éloignée de l’objectif. À ce moment-là, je n’y pense pas du tout. Je suis incapable de projeter que je vais plonger à moins 91m. 


Je sais cependant que si je veux être sur le podium, il me faudra probablement descendre dans la zone des moins 90m.

Comme je suis très orienté sur l’instant présent, le chemin qui défile, je suis concentré sur ce que j’ai à faire. 


J’enchaîne les entraînements sereinement, je multiplie les activités et les séances. Pour l’instant je ne suis pas vraiment dans le vif du sujet, ce qui compte c’est l’exécution de ce que j’ai programmé : la répétition incessante des longueurs en bassin, les sorties trail dans les Calanques où j’avale du dénivelé comme un chien fou dans ce paysage fantastique qui m’est cher. 


Je sors en mer également pendant l’hiver. L’eau y est froide et je fais surtout du travail technique. Du fait des conditions météo, ce n’est pas régulier mais il est important pour moi de garder le contact avec la profondeur.


Pour moi faire du sport, c’est ma vie. J’ai réussi à orienter ma vie pour faire ce que j’aime tous les jours. C’est un grand privilège, j’en suis conscient. Ce qui compte durant ces premiers mois d'entraînement, c’est uniquement cela.

Au mois de mai 2019, je suis ainsi allé en Égypte pour encadrer un stage d’apnée dédié aux disciplines sans palmes. Je me suis rendu à Dahab dans le Sinaï. 


Une fois le stage effectué je suis resté sur place avec un ami qui m’avait rejoint et j’ai commencé à m’entraîner sur des profondeurs plus importantes. Je m’attache désormais à remettre en place mes repères sur des descentes plus engagées.


Mon but alors, est uniquement de progresser et d’apprivoiser à nouveau la profondeur. Aucun chiffre en tête, juste de la progression étalée sur 8 jours.


Ce n’est qu’à partir du mois de juin que ma préparation finale s’enclenche et que je plonge de plus en plus en mode compétition, de plus en plus profond. 


Je participe aussi à des compétitions nécessaires pour me qualifier au mondial à la fin du mois de juin. Mes résultats sont satisfaisants mais je sais que ce ne sera pas suffisant pour prétendre être parmi les meilleurs. 

 

“Je suis très orienté sur l’instant présent, 

le chemin qui défile, je suis concentré sur ce que j’ai à faire.”

 

À ce moment-là, il me reste encore deux mois pleins d’été. Je prends alors vraiment conscience que c’est ma dernière préparation de la sorte pour un mondial. Pourtant, ma perception et ma manière de faire ne changent pas. Je suis focalisé sur ce que j’ai à faire et toujours orienté sur les sensations, le travail accompli. 


De plus, ce qui me tient à cœur, c’est d’effectuer ma préparation le plus possible à Marseille. Nos conditions pour sortir en mer sont plus difficiles, rugueuses, mais ça me plaît de faire ça à la maison car c’est un véritable challenge. 


J’innove aussi dans ma préparation en utilisant un appareil pour simuler des entraînements en altitude. Pour faire simple, je fais de l’apnée sur les sommets simulés des Alpes, entre 3000 et 3900m. Il y a beaucoup moins d’oxygène, c’est très difficile, voire harassant à certains moments. 


J’entraîne mon corps à fonctionner en utilisant le moins possible d’oxygène, sachant que l‘air que je respire recraché par la machine n’en a déjà pas beaucoup. À ce moment-là je ne sais pas si c’est pertinent, mais je me dis que j’ai envie d’essayer. Je suis tout de même suivi médicalement.


En résumé, ma manière de me préparer mentalement a été la suivante : 


  • Être centré sur l’instant présent et ne penser à l’objectif qu’en dernier instant.
  • Effectuer ma préparation à la maison, plus difficile certes, mais entouré par ceux qui me sont importants.
  • Innover dans ma préparation avec une manière décalée de me préparer en salle en apnée avec cette machine. 
  • Garder toujours un fil conducteur important: c’est moi qui décide et met en place tout ce qu’il faut. Je suis mon propre coach.

 

En tant que sportif de haut niveau, l’exercice de la capacité mentale à relever un défi est une thématique qui vous était déjà familière. Comment la méthodologie APTER est-elle venue compléter les méthodes de préparation mentale que vous appliquiez ?


J’ai été initié à la méthodologie APTER il y a un peu plus de 3 ans par Frédéric Lincker. 

 

Pour moi ce fut une révélation à l’époque. Cette méthode mettait en lumière un fonctionnement intuitif personnel mais non contrôlé : choisir l’état d’esprit qui nous correspond pour être le plus efficace possible dans la situation qui se présente. 

 

En l’occurrence pour moi, Il s’agit de participer à des échéances sportives de haut-niveau sur une activité qualifiée d’extrême car il y a une vraie prise de risque pour notre intégrité. 

 

L’état d’esprit dans lequel j’arrivais à me positionner était celui de la prise de recul par rapport à la situation. J’essayais de ne pas penser au résultat futur mais aux sensations vécues sous l’eau pendant la descente. J’avais conscience d’avoir la chance de vivre et participer à une expérience extraordinaire, entouré des meilleurs athlètes mondiaux.

 

Connaître la méthodologie m’a permis de comprendre mon fonctionnement, de mieux définir les états mentaux utilisés et de les utiliser dans leur variété et à bon escient.

 

Aujourd’hui je me place instinctivement dans l’état d’esprit qui me convient le mieux lors de la compétition. Mais je découvre aussi que je peux assumer des états d’esprit que j’utilise peu comme celui de leader. 

 

Pendant ce mondial j’ai clairement assumé un rôle de favori et non d’outsider. J’y suis parvenu et ça n’a pas été coûteux en énergie.

 

Utilisez-vous la méthode APTER au quotidien pour vous adapter aux situations rencontrées ? Pouvez-vous donner un exemple ?


Cette méthodologie, ou je dirai plutôt cette manière de fonctionner, est devenue instinctive.

J’assume la possibilité de me comporter différemment en fonction de la situation rencontrée.

 

“Nous avons tous la capacité à switcher au quotidien d’un état d’esprit à un autre.”

 

 

Pour vous donner un exemple, je ne vais pas réagir de la même manière ou afficher les mêmes motivations lorsque je vais faire face aux situations suivantes la semaine prochaine : 

 

  • Participer au journal de 20h sur France 2 où je serai alors le sujet central de l'événement, il s’agira de me mettre en avant, de parler de ma réussite.
  • Encadrer un groupe de jeunes entrepreneuses à Marseille pour les guider dans un défi sportif collectif puis les écouter lors de la présentation de leur speech. Dans ce cas, j’agirai en tant que parrain et guide, en prenant soin de les accompagner dans leur réussite.
  • Participer à un déjeuner d’affaires avec une consultante en entreprise où ma démarche sera plutôt de prendre des nouvelles d’une paire (intérêt pour mon développement personnel, opportunité business). 

 

Je dirais qu’au final, tout se fait assez naturellement car nous avons tous la capacité à switcher au quotidien d’un état d’esprit à un autre. 

 

Il faut juste le maîtriser, et la méthode APTER apporte de la simplicité et de la connaissance pour le faire.

 

Vous êtes en cours de certification, parlez-nous un petit peu de celle-ci ? Comment intégrez-vous la méthode APTER dans votre discours de coach ?


Je ne me considère vraiment pas comme un coach ! 

 

Je n’ai jamais eu de formation au préalable sur la manière de pouvoir aider, guider, accompagner les gens. Je suis cette formation pour mieux maîtriser la méthodologie et éventuellement accompagner Frédéric dans ses formations auprès de ses clients. 

 

Je ne suis pas encore dans la démarche de vouloir proposer mes services d’accompagnement car je ne me sens pas encore légitime ou capable de cela. 

 

Réussir personnellement et être capable de transmettre des valeurs de réussite, ou accompagner les gens dans certaines décisions professionnelles sont deux choses bien différentes.

 

Toutefois j’interviens déjà en entreprise, en parlant de mon histoire et de mon monde. J’aborde la méthodologie en présentant ce qui fonctionne pour moi, les états d’esprit prioritaires qui me caractérisent ainsi que mon domaine de perception favori.

 

Selon vous, quels avantages y a-t-il à utiliser la méthode APTER dans le monde de l’entreprise ?

 

Je pense qu’en entreprise, les différents tests que les collaborateurs peuvent réaliser permettent de connaître leur fonctionnement prioritaire, leurs motivations, et les situations où ils pourraient se retrouver sous stress. 

 

Je pense que la méthodologie est utile pour comprendre leur personnalité et leurs motivations.

 

“La méthodologie Apter permet ainsi d’optimiser les savoir-faire des collaborateurs.”

 

 

Ces données permettent ainsi d’optimiser les savoir-faire des collaborateurs, savoir ce qu’il est possible et ce qui n’est pas possible de leur demander. 

 

Comprendre les forces de chacun, mais aussi communiquer de meilleure manière, apprendre à valoriser et mettre en confiance. Ce sont pour moi des points essentiels pour remettre l’humain au centre des préoccupations de l’entreprise !

 

 

 

Retrouvez les actualités et prestations de Morgan Bourc'his sur son site internet.

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